JLA Productions
Le site
officiel de JLA Productions et du Groupe JLA est disponible à l'adresse
www.groupe-jla.com
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JLA Productions ...
En 1999,
après quelques désaccords entre les principaux propriétaires de AB (Azoulay
Berta), la compagnie décide de se diviser et les deux lettres disparaissent
donc des écrans de télé et des studios. Mais Jean-Luc Azoulay, qui ne
souhaite pas voir tous ses projets s'arrêter, décide de monter une nouvelle
compagnie qu'il nomme tout simplement JLA Productions soit Jean-Luc Azoulay
Productions. Une fois cela terminé, ses projets peuvent reprendre et c'est
ainsi que la série "Les vacances de l'amour" redémarre avec une nouvelle
saison et un nouvel habillage pour le générique et quelques nouveaux
acteurs. Comme la série enregistre des audiences extraordinaires sur TF1,
Jean-Luc Azoulay décide de continuer le tournage et a même l'intention de
tourner sur l'île de nouvelles séries... A savoir que JLA Productions
possède aussi la compagnie Hamster (Navarro, L'instit)...

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Jean-Luc Azoulay et les sitcoms ...
Jean-Luc
Azoulay en 7 dates :
Septembre
1947:Naissance à Sétif (Algérie)
1er juillet
1962:Arrivée en France, le jour de l'indépendance de l'Algérie.
1978:Rencontre avec Dorothée
1987:Création
d'AB Télévision
1992:Diffusion d'«Hélène et les garçons»
1995:Lancement du bouquet AB Sat
1996:«Les
Vacances de l'amour» (TF1, le mercredi)
«D'où ça
vient, une idée de série? C'est mystérieux. C'est surnaturel, l'écriture.
Une chanson, c'est plus étrange encore, on ne sait pas d'où ça vient.»
Les
Américains viennent de Hollywood pour chercher à comprendre les raisons du
succès de ses séries adolescentes. Lui, il improvise des musiques au piano
et écrit son 2 500e scénario entre les repas. Depuis une bonne dizaine
d'années, il vit dans le sillage d'Hélène. Il est riche, apparemment heureux
et pas tout à fait niais. Il s'appelle Jean-Luc Azoulay. Sous le pseudonyme
de Jean-François Porry, il est la moitié littéraire du duo AB (Azoulay-Berda)
et le papa d'Hélène et les garçons, le feuilleton français, plus exactement
la sitcom, dont la parenté génialement imbécile avec les meilleurs films
teenage d'Eric Rohmer (presque 80 ans) n'est plus à démontrer. Mais ses
vrais modèles, il n'osera jamais l'avouer, ce sont les Samuel Goldwyn, David
O. Selznick ou Aaron Spelling, petits commerçants de l'imaginaire qui ont
inventé Hollywood. Il fallait l'audace d'un petit juif de Sétif pour vendre
au peuple de France Premiers baisers ou les Filles d'à côté, toutes ces
histoires 100 % aryennes dans lesquelles des blondes immaculées chantent des
refrains idiots qui poursuivent les téléspectateurs sous la douche. La
mélodie, assure cet Oriental qui raffole de compilations yé-yé, la chanson,
tout part de là. Après avoir secondé Carlos auprès de Sylvie Vartan pendant
quatre ans tout en poursuivant ses études de médecine, le jeune Azoulay
devient à son tour secrétaire de la chanteuse quand Carlos décide de se
lancer dans le show-biz: «Dix ans avec Sylvie entre 1966 et 1976, les
tournées au Japon, les shows, la télévision, les Carpentier. J'ai fait mes
classes dans une Rolls.» Quand la chanteuse décide d'aller vivre aux
Etats-Unis, Jean-Luc Azoulay se retrouve «avec rien». C'est alors qu'il
rencontre Claude Berda, dont le père vient de mourir. «Il avait monté une
petite affaire de vêtements, les créations Sylvie Vartan. On avait tous les
deux 24, 25 ans, on s'est dit: qu'est-ce qu'on fait?» Berda voudrait se
lancer dans le disque: les deux compères montent AB Productions et font
fortune en vendant du disco. «C'est la seule fois où la musique française a
été en tête des hit-parades mondiaux, en 1976-1977, au moment où Cerrone a
inventé l'expression "french disco".» Et puis, en 1978, c'est le vrai
tournant: Azoulay rencontre Dorothée. «C'est une histoire bête, un hasard,
je suis allé au Midem, j'ai mangé une pizza aux moules et j'ai attrapé une
hépatite virale. Je suis resté un mois au lit, j'ai regardé la télé et j'ai
vu Dorothée. C'était avant Récré A2, elle présentait une émission qui
s'appelait Dorothée et ses amis.» Un ami les présente. Azoulay ne le sait
pas encore, mais il vient de s'embarquer pour un voyage au pays de la
télévision qui dure depuis plus de vingt ans.
On aime ou on
déteste les séries roses et sentimentales de Jean-Luc Azoulay. Ici,
disons-le sans ambiguïté, on adore ses dialogues romancés, son art de faire
rimer Balzac et Nous deux, son sens de l'économie qui fait de chacun de ses
feuilletons, du Miel et les abeilles aux Vacances de l'amour, un miracle
d'équilibre et de minimalisme. Pas exactement kitsch, plutôt léger,
distrayant, joliment désuet. Azoulay, lui, semble vivre dans l'une de ses
propres sitcoms. Les rires enregistrés l'accompagnent, dessinent les étapes
de sa carrière impressionnante. Pour lui, tout n'est qu'un long fleuve
tranquille. Il fait partie de la grande famille du show business plutôt que
de celle de la télé ou du cinéma, dont il ignore les frontières exactes.
Azoulay affirme ne connaître personne dans le milieu de la télévision: «Je
ne sors pas, c'est Berda qui fait les mondanités. Il sort pour deux.» Sa
cafétéria personnelle est peuplée d'amoureux en transit, de jeunes filles en
fleurs, de guitaristes amateurs, mais aussi de femmes hystériques et de
cuisinières tendrement obèses. On l'imagine en train de commander des pizzas
géantes pour Hélène et sa bande. «D'où ça vient, une idée de série? C'est
mystérieux. C'est surnaturel, l'écriture. Une chanson, c'est plus étrange
encore, on ne sait pas d'où ça vient.» Et Jean-Luc Azoulay chantonne la
mélodie et les paroles qui ont rendu son héroïne célèbre: «Hélène,
je-m'ap-pelle Hé-lène, je suis u-ne fille, co-mme les autres.» Bête comme
chou, mais il faut le faire. En Algérie, à Sétif, avec une mère «sans
profession» et un père prof de maths, il a baigné dans la musique.
«J'écoutais pas mal de choses, les juifs d'Algérie, vous le savez peut-être,
sont pour la plupart d'origine espagnole, c'était donc des flamencos, des
musiques espagnoles, c'est ce que mes grands-parents aimaient. Et moi,
j'écoutais Radio Monte-Carlo, où il y avait tous les tubes. Aujourd'hui, le
raï réveille des choses en moi, ce sont des harmonies qui ont bercé mon
enfance. Si le raï marche, c'est d'abord parce qu'on manque de mélodies,
actuellement.»
La simplicité
d'une chanson orientale, le refrain entêtant d'un twist répétitif, c'est au
son de ces musiques minimales et optimistes que Jean-Luc Azoulay, qui ne
connaît jamais l'angoisse de la page blanche, écrit, écrit, et écrit encore.
Son prochain pari? Le retour d'Hélène dans une sitcom où elle ne joue plus
son propre personnage. Le public suivra-t-il? Azoulay ne répond pas. Indique
seulement qu'elle «est toujours avec Nicolas» et qu'elle rentre d'une
tournée triomphale en Russie. Dans ses studios où le rêve se fabrique plus
vite que la lumière, les nouveaux titres de séries déboulent sur
l'ordinateur: Résidence des Fleurs, Miami Dream, Brigade X, Deauville Blues,
Island Détectives... On n'a pas peur des clones, ils prospèrent, s'épousent,
se fiancent, se croisent, se perdent, se retrouvent avec un sens robotique
de la tribu.
Un seul
regret: «Ne pas pouvoir faire un X-Files français, car aucune chaîne ne veut
en entendre parler.» Capable d'opposer le charme de Truffaut, son désir de
plaire, au génie du seul Godard, Azoulay est un homme de télé atypique, qui
préfère les émissions en direct aux séries. Sur l'insuccès commercial du
bouquet AB Sat, il a ses idées: «Le réseau, je m'en fiche, ce n'est pas ma
passion. Ce qui m'intéresse, c'est d'avoir des chaînes de télé.» Il en a une
bonne vingtaine, déjà. La profession murmure que le ratage d'AB Sat, ce
projet démiurge d'installer un troisième réseau satellite en France, était
programmé d'avance, que c'était la seule manière de balancer autant de
chaînes nouvelles, qui sont toutes peu à peu reprises par CanalSat ou le
câble.
Jean-Luc
Azoulay ressemble à un ours en peluche. Dans un coin du bureau qui a des
allures de cafétéria célibataire, un piano attend son inspiration. Pas de
femme ni d'enfants pour le distraire de ses fictions dragueuses et de ses
chansonnettes malingres. Imaginez un hybride de Darryl Zanuck et de Dario
Moreno, bloqué éternellement sur ses 14 ans, cherchant chez l'interlocuteur
l'adolescent qui sommeille. Bientôt, pourtant, cet homme sera le maître du
monde: AB a racheté Hamster (Navarro, l'Instit) et distribue Friends.
Spielberg aurait appelé ça une belle histoire juive.
Par LOUIS
SKORECKI Extrait de Libération publié le 18 novembre 98
Merci à Laure
pour l'article et les autres infos !